Premières missions

Au début de l’été 1632, Régis fut rattaché comme missionnaire au collège de Montpellier.

Son séjour à Montpellier ne fut que de deux ans. C’est là qu’il prononça ses derniers vœux, le 6 novembre 1633. Déjà on admira son dévouement pour les pauvres et les pécheurs. On raconta aussi les merveilles opérées dans la mission de Sommières et des environs, en particulier son intrépidité qui l’avait fait, un jour, se placer devant une porte d’église et arrêter tout seul une bande de pillards.

Au printemps 1634, il fut donné, avec un autre Père, à l’évêque de Viviers, Mgr de la Baume de Suze, pour l’aider dans la visite de la partie sud de son diocèse.

Une mission plus rude était réservée à notre saint en 1635-1636 : la mission des Boutières. Dans cette région voisine du Mézenc, les guerres de religion avaient accumulé les ruines matérielles et morales. Le sang avait coulé partout et la misère était grande.

Rattaché au collège d’Aubenas, Régis avec son confrère le P. Broquin, évangélisa Privas et Le Cheylard. Mais surtout il parcourut, seul, toute la contrée, village par village, poussant jusque sur les hauteurs de Mézilhac et les plateaux de Lachamp-Raphaël… Une fois, raconte-t-on, il fut bloqué dans la montagne par une tempête de neige. Dieu seul sut de quoi il s’était nourri, comment il avait dormi. Il est vrai qu’il vivait habituellement de lait et de pain noir, et qu’il couchait sur la dure.

Il prêchait et confessait partout, dans les granges, les étables, jusque sur les chemins. On le trouvait toujours accueillant. Un jour, il sortait de l’église, fatigué, après les exercices de la matinée. Arrive un groupe de personnes de fort loin pour profiter de ses instructions. « Venez mes enfants, dit-il sans hésitation, venez, je vous porte tous dans mon cœur ».

En quelques mois, le pays fut transformé. Gagnés par sa bonté, les calvinistes eux-mêmes couraient à lui, presque à l’égal des catholiques.

Régis cependant avait rêvé d’un apostolat plus rude encore : les missions du Canada. Deux fois il avait écrit à son supérieur général. Deux fois il se vit refuser la faveur de partir. Il comprit que son Canada était en France. Dieu le voulait pour notre pays.

 

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