Dans les missions

Le Puy n’absorbait pas toute l’activité du Père Régis. Dans les périodes laissées libres par les catéchismes, il reprenait les missions auprès des populations des campagnes, en hiver surtout, alors qu’elles sont plus disponibles.

Apôtre du Vivarais, Régis le devint donc aussi du Velay.

De 1636 à 1640, il évangélisa les régions à l’est et au nord-est du diocèse du Puy, jusqu’à Marlhes qui en faisait alors partie. Il alla même au-delà. Saint-Sauveur-en Rue, Bourg-Argental et bien d’autres lieux gardent fidèlement son souvenir.

En ces régions montagneuses, l’hiver est rude. Rien, cependant, n’arrêta jamais le Père Régis. Parfois, il arrivait harassé et les vêtements couverts de neige. Mais, sans aucun souci de lui-même, il montait en chaire ou entrait au confessionnal.

Sa prière montait vers Dieu continue, spontanée. Souvent il paraissait rayonnant, comme ravi en extase. Le tabernacle l’attirait irrésistiblement. On le trouva parfois devant la porte fermée d’une église, insensible à la neige et au vent glacial.

Un tel amour de Dieu rendit son zèle apostolique insatiable. Si bien que le 1er avril 1640 il écrivit à son supérieur général à Rome : « Qu’il me soit permis de parcourir les campagnes avec un de nos frères et de consacrer, dans ces courses, ce qui me reste de vie au salut des paysans… Que cela me soit permis, je vous en conjure au nom de Dieu, chaque année, au moins pendant cinq ou six mois. » – « On ne peut, écrivait-il encore, expliquer les fruits que produisent les missions de ce genre. »

Cette fois, les supérieurs approuvèrent. Régis, tout à l’espérance, voyait devant lui de nouvelles moissons, quand Dieu, mystérieux dans ses desseins l’arrêta brusquement.

 

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