Le bourdon de la Basilique

VOLEE AU PIED POUR JOSEPHINE

Un bourdon de cathédrale perché à 1100 m d’altitude, les Alpes à l’horizon, sur la corniche du Haut-Vivarais, dans une commune de 500 habitants! Eh oui, la basilique Saint-Régis de Lalouvesc, haut lieu spirituel de l’Ardèche, abrite dans sa tour nord une cloche hors du commun.

Bourdon JOSEPHINECe bourdon imposant prénommé Joséphine en l’honneur de la donatrice qui l’offrit au sanctuaire, a pour note le Sol2. Coulé en 1875 à Lyon par Gulliet père et fils, il a été monté sur le plateau ardéchois tiré par six paires de bœufs. Il pèse 6 000 kg, plus 1 000 avec son battant et son mouton de chêne massif, soit 7 tonnes mises en mouvement les dimanches et solennités. Sa robe est ornée d’inscriptions en langue latine qui vous seront retranscrites ultérieurement.

Une cloche aussi imposante ne saurait être actionnée en tirant sur des cordes. Avant la motorisation, elle était mue à la bascule par 4 sonneurs debout au-dessus d’elle. Il ne reste qu’un des deux bras de balancier, l’autre ayant été enlevé pour installer la roue de la chaîne d’entrainement du moteur.

Début août 2013, un court-circuit causé par la foudre a mis le moteur de volée hors service. En attendant que celui-ci soit réparé et pour assurer les sonneries liturgiques, j’actionne le bourdon au pied, effort considérable pour un homme seul, qui nécessite de mesurer plus d’un mètre quatre-vingt-cinq, car quand la bascule est en position basse, je peux à peine lui donner l’impulsion nécessaire pour garantir la frappe des deux côtés. Heureusement, je fais du vélo et cela me vaut d’avoir des mollets solides !

Vidéo réalisée le 15 août 2013, jour de l’Assomption de la Vierge Marie. En cette solennité, le bourdon retentit avant et après la messe. Après avoir été prévenu par téléphone que la messe en plein air qui avait rassemblé près de 3 000 personnes autours de Mgr Blondel, évêque de Viviers, venait de se terminer, j’ai mis Joséphine en mouvement. Il lui faut une minute quinze secondes et 25 oscillations pour frapper son premier coup, et 4 minutes pour s’arrêter…

Tous mes remerciements au père Iratzoquy sj, recteur de la basilique Saint Régis, affectataire, ainsi qu’à l’Eric Desmarquets, campaniste, pour la confiance qu’ils m’ont témoignée et l’honneur qui m’est fait de sonner ainsi entre ciel et terre cette cloche monumentale. Sans oublier Christian, qui m’a filmé en cet effort. A voir sur : https://www.youtube.com/watch?v=RvB7o3p6caA                                                                                                  Fabien HAUG